Sur Le Fil

Photographs by Coralie Jauvin and Myriam Zennati

Sur Le Fil, 2017

Eight giant golden balloons that seem to come straight out of a celebration scene in an American movie, and write “SENSIBLE” in the sky of Seine Saint Denis.The letter balloons are hold by cobblestones that seem to rise under the weight of the word.“Sur Le Fil” is an ephemeral sculpture created by the French-Algerian artist Shani Ha who lives and work between New York and Paris.

The delicate and vulnerable installation plays with the stereotype and reminds us of the polysemy of the word “Sensible” in French that can sometime contradict itself depending on the context. The term conveys a positive message when used in the context of philosophy, art, literature; and mean “sensitive”,“sensible”,“perceptible” etc. But it can also be depreciative when used to describe “rough neighborhoods” in the suburbs.

Writer E.Grossman reminds us that sensitivity is described as a strength by Deleuze. It gives us the power to be moved in order to generate the energy to act. In our complex social and political state, sensitivity is a weapon we should use to resist the increasing insensitivity.The over-exposition to information numbs us and drives us away from our emotions and our ability to feel empathy.

“It’s important to come back to the power of words, particularly in the current social geopolitical context. Words are weapons of power.We can fear the recuperation of language by populism. But we should also remember the semiology heritage legged by poets, philosophers, writers, activists; get inspired and claim it back. We need to re- appropriate and question the labels that dictate precarious identities that forbid the construction of critical and profound thinking.” Explains the artist.

“Sur Le Fil” aims for a return to emotions and evokes the fragility of that state that is nonetheless powerful. Shani Ha displays the “sensible” in the “Sensitive” neighborhoods to celebrate the young creation and rehabilitation of emotions through art.

“Sur Le Fil” was commissioned by the Eugène Delacroix High School in Seine Saint Denis to celebrate the 20th edition of their annual art student’s exhibition. Shani Ha attended the high school categorized “Priority Education Zone Sensitive Violent Zone” in the suburbs of Paris, and came back twelve years later to offer a temporary in situ artwork.

“As a former student from Drancy, it felt very important and relevant to come back and create a dialogue with the teenagers in order to give them a positive vision of their potential. I naturally accepted the invitation to work on an installation for their upcoming exhibition.Together with the pedagogic team, we are now looking to work on a permanent sculpture.” Explains Shani Ha.

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Sur Le Fil, 2017

Huit énormes ballons dorés gonflées d’hélium semblent tout droit sorties d’une scène de célébration d’un film américain écrivent “SENSIBLE” dans le ciel de Seine Saint Denis. Les ballons sont retenus par des pavés qui semblent se soulever sous le poids du mot.

« Sur Le Fil » est une sculpture éphémère réalisée par l’artiste Franco-Algérienne Shani Ha qui vit et travaille entre New York et Paris.

L’installation délicate et vulnérable joue avec les stéréotypes et rappelle la polysémie d’un terme souvent utilisé pour déprécier. Pourtant, le terme « SENSIBLE » peut se contredire selon qu’on le place dans un questionnement sur la condition humaine, l’art, le monde réel, les quartiers.

L’auteur E. Grossman rappelle que chez Deleuze, la sensibilité est une force. C’est un outils d’analyse qui nous donne le pouvoir de se laisser émouvoir et d’en tirer la force qui nous permet d’agir. En ces temps d’extrême complexité, la sensibilité est une arme qui nous permet de résister à l’insensibilité grandissante. La surexposition aux informations et la sur-sollicitation nous anesthésient, nous éloignent de nos émotions et de nos capacités d’empathie.

« Sur Le Fil » revendique ce retour à l’émotion et évoque la fragilité de cet état pourtant puissant. Shani Ha affiche le sensible dans les quartiers pour célébrer la jeune création et la réhabilitation des émotions au travers de l’art.

« Il me semble important de revenir sur le pouvoir des mots, en particulier dans ce contexte social et géopolitique. Les mots sont des outils de pouvoir. On peut craindre aujourd’hui la récupération du langage par les populistes; mais il faut se rappeler de l’héritage sémiologique que nous offrent les poètes, les philosophes, les artistes ; s’en inspirer et s’en saisir de nouveau. Il faut se réapproprier et questionner ces étiquettes qui enferment dans des identités dangereuses et qui empêchent la construction d’une pensée critique et profonde » explique l’artiste.

“Sur Le Fil” est commissionné par lycée Eugène Delacroix à l’occasion du vernissage de la 20ème exposition annuelle des élèves en Arts plastiques. L’artiste, elle-même ancienne élève du lycée classé ZEP zone sensible priorité violence, revient douze ans après avoir exposé pour la première fois avec la promo de 2005, et propose une œuvre provisoire in situ. (Présence de l’artiste au vernissage à confirmer)

“Il m’a paru urgent de revenir à Drancy et de rencontrer les élèves afin de leur montrer d’autres parcours auxquels ils peuvent s’identifier, loin des limitations véhiculées par les clichés sur les banlieues et la jeunesse cosmopolite. J’ai naturellement accepté de proposer une oeuvre in situ ,12 ans après ma première exposition à Drancy.Avec l’équipe pédagogique, nous souhaitons travailler à l’élaboration d’une oeuvre pérenne dans le lycée pour les élèves”.