Table For Two

Shani Ha plays with the context and vocabulary of the restaurant by twisting an archetypal bistro table in an interactive installation. The table is split between the inside and the outside, playing with the boundaries of public spaces and questioning social interactions and relationships in New York. “Table For Two” appears on the corner of 7th Avenue and Carmine Street and evokes Edward Hopper’s Nighthawks.

New York is a very crowded city yet so many people are alone. In a city where more than half of the population is single, everyone seems eager to meet someone even if we keep on ignoring people around us, in the real life. Dating/meeting apps and websites are exploding. Most of our interactions happen behind a screen via texts, e-mails, Skype, Tinder etc. Virtual communication is slowly taking the place of our human interactions, accentuating egocentricity over empathy.

Screens have invaded our everyday life becoming our main medium to communicate. In the same way, the glass that crosses through the table and separates the two seats becomes a screen that both connects and isolates, and through which people get to communicate spontaneously.

The installation questions our relationship to otherness, social-isolation and everyday co-presence situations in New York. By inviting the public to use the piece and sit at the table; the artist allows experimental forms of interaction and communication between viewers; passer-by and clients.

When two persons sit at the split table, they can decide to look at each other or chose to look at their own reflection; confronting the fact that we are becoming more and more self-absorbed and sometimes the presence of the other is simply here to validate our own existence.

When sitting alone, the viewer will face an empty table and his reflection in the glass as a reminder to introspection, narcissism or loneliness.

A white porcelain cup is installed in front of both seats. Anyone who sits at the “Table For Two” is offered a mint tea as a allusion to the conviviality custom in north Africa and Algeria where the artist is originally from. The tea bags are labeled “mint tea” in French and Arabic; questioning the notion of otherness, a central part of the artist’s dual culture.

“Table For Two” can be seen as a metaphor of social interactions and relationships in large cities such as New York where people can be together and very close but also alone and disconnected at the same time. Shani Ha’s intervention offers an allegorical possibility to reconnect spaces and people through a banal and spontaneous action.

“I’m from Paris and living in New York forces me to interact with people I love the most through computer screens. I find it really fascinating to see how we can be so connected to people who are so far away and yet so disconnected from people who directly surround us. This work attempts to highlight this paradoxes and set a stage to explore otherness and empathy. I realize it may sound idealistic but I believe art is the place to investigate these social utopia that can hopefully influence reality.”

 

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Les New-Yorkais sont constamment entourés de monde et sont pourtant souvent seuls. Dans une ville où plus de la moitié de la population est célibataire, chacun semble avide de rencontres tout en continuant à ignorer ceux qui les entourent au quotidien. Les applications et sites de rencontres sont en plein essor et la plupart des interactions sociales se font à travers des écrans.

Les échanges réels et tangibles semblent s’effacer devant la communication virtuelle; encourageant l’égocentrisme face à l’empathie.

Shani Ha s’approprie le contexte et le vocabulaire d’un restaurant en détournant une iconique table de bistro au travers d’une installation interactive. La table est littéralement scindée entre l’intérieur et l’extérieur; questionnant les limites de l’espace public et les interactions sociales à New York. L’installation apparait au coin de la Septième avenue et de Carmine Street évoquant Nighthawks d’Edward Hopper.

Les écrans ont envahis le quotidien et deviennent les principaux médiums de communication. De la même manière, la vitrine traversant la table sépare les deux chaises devenant un écran qui connecte autant qu’il isole, et à travers lequel le public communique spontanément.

L’installation interroge le rapport à l’autre, l’isolement social et les situations de co-présence au quotidien à New York. En effet, en invitant chacun à utiliser sa pièce et à s’asseoir à la table, Shani Ha permet des formes expérimentales d’interactions et de communication spontanées entre le public, les passants et les clients.

Lorsque deux personnes s’installent à la table scindée, elles peuvent se regarder mutuellement ou décider de regarder leur propre reflet. Ce reflet rappelle que nous sommes de plus en plus centrés sur nous-même et que parfois la présence de l’autre n’importe que dans la mesure où elle confirme notre

propre existence.
Lorsqu’il s’assoit seul, le spectateur/acteur se trouve face à une table vide et à son reflet dans la vitre évoquant les moments d’introspection, de narcissisme ou de solitude.

Une tasse en porcelaine est placée face à chacune des chaises. Toute personne qui décide de s’installer à « Table For Two » se voit offrir un thé à la menthe. Shani Ha fait ainsi référence aux coutumes de convivialité et d’hospitalité du Maghreb et en particulier d’Algérie d’où est également originaire l’artiste. Le sachet de thé porte l’inscription « thé à la menthe » en français au recto et en arabe au verso; questionnant la notion d’altérité au cœur même de la double culture de l’artiste.

« Table For Two » peut être interprétée comme une métaphore des relations et interactions sociales dans les grande villes comme New York dans lesquelles les gens peuvent être très proches les uns des autres et simultanément seuls et déconnectés. L’intervention de Shani Ha offre une possibilité allégorique de reconnecter les espaces la ville et ses habitants à travers la simple action de s’asseoir ensemble et de se regarder, de communiquer.

« Je viens de Paris et le fait d’habiter à New York me contraint à échanger avec mes proches à travers un écran. Je suis vraiment fascinée par le fait qu’on puisse être aussi connectés à des personnes qui se trouvent très loin et à la fois si déconnectés de ceux qui nous entourent immédiatement. Cette pièce tente de souligner ce paradoxe en proposant une « scène » qui permet d’expérimenter et de questionner notre attention aux autres. Je suis consciente que cela puisse paraitre complétement idéaliste mais je suis convaincue que l’art peut initier ces utopies sociales qui peuvent peut-être influencer la réalité. » Conclut l’artiste.